La pensée éducative s’organise en « courants pédagogiques ». Ces pédagogies sont sous-tendues par différents projets, par la manière de voir l’éducation et son accompagnement.

La définition de la pédagogie : l’art d’apprendre ou de faire apprendre.

Au début de ce siècle se mettent en place trois approches :

– La pédagogie philosophique (qui s’ancre dans les réflexions de Platon, Rousseau, Alain,…).
Les philosophes sont les plus anciens pédagogues. Le discours de cette pédagogie se caractérise par une réflexion sur la nature humaine, sur la société, sur la culture et le rôle de l’éducation comme accomplissement de l’être humain. Le pédagogue aide la personne à trouver son chemin, à réaliser son être et grâce à cet accomplissement personnel, à améliorer la société.

– La pédagogie expérimentale
C’est une recherche selon les règles de la démarche scientifique en vue de trouver des procédures efficaces pour atteindre un but éducatif précis. C’est une approche instrumentale. Elle a pour finalité de transformer le comportement de l’individu.

– La pédagogie expérienciée
Elle se construit sur la base de l’expérience des personnes du terrain. Les enseignants, les formateurs expérimentent différentes méthodes, les ajustent et théorisent leurs pratiques (pédagogie Freinet), dans un objectif d’améliorer l’apprentissage de la personne.

Dans ces trois exemples d’approches, on remarque bien que la pédagogie ne peut échapper à sa finalité : éduquer, c’est toujours viser un but, se tourner vers l’avenir (de l’individu à la société). Par définition, on voit bien que l’action éducative est politique. Toute pédagogie repose sur une conviction, celle de l’éducabilité de l’apprenant car l’action éducative consiste à exercer sur l’autre une tutelle et à satisfaire « un désir personnel d’influencer autrui » (Fourez G., Eduquer, Ecoles, Ethiques, Sociétés.1990).

La pédagogie est un ensemble de situations et de rapports sociaux, vécus par des formés et des formateurs, dont la cohésion réside dans l’énoncé du projet pédagogique. Celui-ci repose sur les croyances en la nature humaine dont tout acteur social est porteur. L’acte de former (au sens large du terme) est de donner sa forme à l’autre.
Prenons l’exemple d’une formation aux mathématiques. Les mathématiques représentent la finalité de l’enseignement, mais celui-ci peut s’effectuer à travers des pédagogies de finalités différentes. Ainsi, on peut enseigner les mathématiques avec la finalité de développer l’esprit critique des formés, ou au contraire leur propension à la conformité.

Cette conception permet de dégager l’assertion selon laquelle toute formation, quelle qu’elle soit, poursuit un double objectif :

un objectif fonctionnel, finalité de l’enseignement, matérialisé par l’objet même de la formation (mathématiques, français, telle ou telle autre discipline, une technique, un métier, mais aussi une réflexion sur un projet d’insertion, etc…).

un objectif de comportement social, plus ou moins complexe, finalité de la pédagogie utilisée.

La coexistence simultanée des deux types d’objectifs s’explique par le fait que la formation instaure pour ses acteurs (formés et formateurs) un double rapport : un rapport au savoir (quel que soit le savoir en question) et un rapport social, déterminé par le système relationnel dans lequel prend place le rapport au savoir.

Ainsi nous anticipons l’importance et l’influence primordiale du projet pédagogique sur les paramètres pédagogiques et les dimensions psycho-pédagogiques, socio-pédagogiques et affectivo-pédagogiques de la situation formative.