Vous trouverez ici une partie des conclusions des rencontres de l’éducation citoyenne. Dans ce type de manifestation extrêmement riche, il est toujours difficile de rassembler les comptes rendus des multiples ateliers, tables rondes, rencontres de terrain…. Un document complet sera élaboré dans les premiers mois de l’année 2011, ainsi que des traductions en anglais, espagnol et portugais.

Nous ne savions pas à quel point nous serions dans l’actualité quand nous avons choisi pour les quatrièmes rencontres de l’éducation citoyenne le thème « résister et construire ». Ces rencontres ont été pour les participants un grand moment de rencontres, d’échanges et de construction de nouveaux liens, notamment avec les 80 partenaires étrangers qui y ont participé, venant de de 22 pays différents, avec un réel mélange de générations, d’appartenance, de pays et une convergence des participants qui se posaient les mêmes questions malgré leur diversité, et dans une grande convivialité. Elles ont redonné aux participants le courage de reprendre leurs activités dans l’enthousiasme, avec une conscience plus aiguë des enjeux et de nos responsabilités. Une dynamique a été créée sur laquelle il est possible aujourd’hui de construire.

Les manifestations qui se déroulaient au moment même témoignaient de la résistance des français à l’inacceptable, mais les échanges avec nos partenaires étrangers ont montré que résister n’est pas seulement nécessaire ici, car la crise n’est pas seulement française. Elle est aussi globale, économique, financière, alimentaire, écologique avec des souffrances individuelles et collectives, qui se manifestent sous une forme inédite, avec un système qui détruit brutalement les solidarités et exerce une emprise sur le plus profond de nous-mêmes, en cherchant à capter l’ensemble des activités sociales et humaines.

Face à cette emprise, l’éducation citoyenne, porteuse d’émancipation, est plus que jamais nécessaire. Tous les échanges ont souligné le lien entre transformation personnelle et transformation collective et ont montré que l’objectif est en partie contenu dans les méthodes. Un autre monde est possible, mais il est déjà présent dans celui-ci, dans les pratiques porteuses d’alternatives et dans nos comportements. Il s’agit de résister au quotidien, dans des luttes qui peuvent paraître insignifiantes, des « petits non », se lever, rester digne par rapport à des situations dégradantes. Il s’agit aussi d’agir collectivement au niveau local et global, politique, pour le collectif et donc pour de l’humain.

Ces enjeux nous donnent des responsabilités nouvelles. RECIT doit faire sa part de la reconstruction sociale comme un lieu de refondation de l’éducation citoyenne, qu’on l’appelle éducation populaire, éducation émancipatrice à l’école ou éducation tout court. Le réseau constitue aussi un lieu de mutualisation des expériences, des méthodes et des réflexions et de ce fait un lieu où se renouvelle le rapport au politique.

Aujourd’hui, RECIT aborde une nouvelle étape, marquée par la pénurie des moyens publics et un contexte de crise. Comment recentrer les priorités du réseau là où il est vraiment utile ? Comment développer un réseau interactif, tissé de solidarités, de où chacun prend sa part dans l’organisation et le partage des responsabilités ? Comment développer la plate-forme internationale d’échanges sur l’éducation citoyenne dont les participants étrangers ont souligné la nécessité ? L’assemblée générale du19 mars prochain permettra de répondre à ces questions et de tracer des perspectives en s’appuyant sur le socle que constitue l’acquis de ces belles rencontres de l’éducation citoyenne.