Une monnaie complémentaire locale contribuant au développement de la région Chiemgau dans le sud-est de la Bavière en Allemagne.

Au départ 6 étudiantes de l’école Waldorf à Prien, lancent en 2003, avec leur professeur d’économie Christian Gelleri, un projet de monnaie complémentaire dans le but de récolter des fonds pour la construction d’un équipement sportif. Aujourd’hui le Chiemgauer est utilisé par plus de 800 commerces et entreprises diverses, et fait partie du projet REGIO en Allemagne qui regroupe environ 30 monnaies locales opérationnelles.

Initialement émise par l’école, aujourd’hui c’est à la centrale d’émission (ou association Chiemgauer) que les bons (ou billets) sont édités à partir des représentations de produits locaux réalisés par des artistes de la région. Lors de l’inscription à l’association, les particuliers reçoivent une carte (Regiocard) du Chiemgauer et donnent leurs coordonnées bancaires ainsi que l´association membre du réseau qu´ils souhaitent soutenir. L´association Chiemgauer confie les bons (ou billets) aux bureaux de change qui sont pour la plupart des commerçants et quelques filiales bancaires. Les particuliers achètent les billets Chiemgauer dans les bureaux de change. La conversion se fait en parité avec l’euro, 100 € = 100 Chiemgauer en bons (ou billets) et 3 Euros (3%) vont tout de suite pour l´association que le particulier a déterminé lors de son inscription. Les Chiemgauers peuvent être ensuite dépensés chez les commerçants qui les acceptent.

Les commerçants qui reçoivent ces bons peuvent les dépenser pour rendre la monnaie à leurs clients, pour payer leurs fournisseurs, ou pour verser une partie de la rémunération des salariés. Si une entreprise a trop de Chiemgauer, elle peut les échanger contre des euros en payant des frais de change auprès de la centrale d’émission, pour un montant équivalent à 5% de la somme échangée (les 3% versé aux associations désignées par les acheteurs de Chiemgauer et 2% pour couvrir les frais de la centrale d’émission).

La circulation de la monnaie est garantie par un système de « fonte ». Au début de chaque trimestre, pour que la monnaie reste valable, chaque bon doit recevoir un timbre dont le prix équivaut à 2% de la valeur du bon. La vente des timbres se fait dans les bureaux de change. Le plus souvent le billet « non valable » est échangé contre un billet « valable » avec le timbre déjà collé. Les revenus générés par les timbres assurent une rentrée d’argent supplémentaire collectée par la centrale d’émission qui sert à financer différents projets de nature sociale déterminés par l’assemblée générale.

Les entreprises ont ainsi un outil marketing pas cher de « fidélisation » de la clientèle qui achète prioritairement chez elles. Le Chiemgauer représente en général 5% de leur chiffre d’affaire, il ne nécessite pas de réaliser une comptabilité supplémentaire puisque la comptabilité et les facturations se font en €. Le système permet surtout de renforcer les coopérations entre les entreprises de la région, et rapproche les entreprises et les associations qui bénéficient d’un mode de financement novateur.

Le Chiemgauer permet le développement de l’activité économique locale, c’est un réseau qui est né et qui a grandit avec le bio (50% du chiffre d’affaire) mais qui est resté ouvert aux autres acteurs locaux.

Le billet de Chiemgauer se différencie de celui de l’Euro en étant :

  • valable que dans une région limitée
  • valable que pour les membres
  • valable que dans une durée limitée (2 ans pour le nouveau billet 2010)