L’aventure d’Ardelaine commence en 1975 lorsque sept animateurs de chantiers de jeunes sur le site du Viel Audon, (un hameau en ruines dans les gorges de l’Ardèche) décident d’aller plus loin ensemble en démarrant un projet écologique et coopératif : Leur idée est de relancer le travail de la laine sur le site d’une ancienne filature de laines située à Saint Pierreville, petit village ardéchois à 40 km de Valence.

Regroupant leurs économies, ils restaurent la filature et se forment sur les métiers de la laine. Leur objectif n’est pas de redémarrer la filature comme elle était, mais de restructurer la filière laine départementale. Dès 1978 ils vont tondre chez les éleveurs et commencent à expérimenter la transformation de la laine. En 1982, ils créent la SCOP Ardelaine, Société coopérative de production.

D’abord centrée sur la production, tonte, lavage, cardage, création de produits de literie, l’équipe comprend qu’il est impératif de maîtriser la commercialisation. Elle se fera sur place, sur des foires et salons bio dans toute la France puis par correspondance. Un atelier de tricotage et confection de vêtements sera créé à Valence en 1986 et un musée de la laine sur place en 1991. Le développement de l’entreprise se fait par la diversification des activités. Aujourd’hui, Ardelaine tond 50 000 moutons, traite 40 tonnes de laine et accueille 20 000 visiteurs sur son site chaque année. Au total, 30 emplois ont été crées progressivement, avec une moyenne d’un peu plus d’un emploi par an. La coopérative Ardelaine est reconnue comme l’un des acteurs économiques importants de la région, avec un chiffre d’affaires de 1,6 million d’euros en 2007.

Elle démarre maintenant une nouvelle étape de son projet en construisant un espace destiné à être un lieu d’accueil pour les visiteurs (café/librairie) et un restaurant basé sur la valorisation des produits agricoles du territoire. Par cette exigence de professionnalisme tout au long de la filière et les rapports de coopération dans l’entreprise, l’équipe d’Ardelaine met en pratique concrètement une économie qui met l’homme au centre de son projet et qui travaille dans l’intérêt de son territoire. C’est pourquoi elle se définit aujourd’hui comme « une coopérative de développement local ».