Silence radio sur les militaires gravement blessés en Irak et au Sahel alors que tous les journalistes spécialisés défense s’inquiètent des remontées du terrain

Apposition du « confidentiel défense » sur la disponibilité des matériels de l’armée de terre, dont ceux en opération, information jusqu’alors publiée au journal officiel en réponse aux questions écrites de François Cornut-Gentille.

Refus paranoïaque de communiquer sur les effectifs des services de renseignement, alors que les documents budgétaires édités par Bercy les mentionnent.

Report à la dernière minute des auditions budgétaires des chefs d’état-major par les parlementaires sur ordre du cabinet du ministre.

L’incompréhension est de mise face à la stratégie (le terme est-il bien choisi ?) de communication du ministère de la défense. Et ce n’est pas faute d’inonder les médias et internet de jolies images du Porte-avions appareillant pour le Levant, du canon CAESAR mâtant l’Etat islamique, du ministre signant d’abondants contrats d’exportation.

Le seul petit hic est que la Défense, c’est avant tout des hommes et des femmes qui risquent quotidiennement leur vie pour la sécurité des Français. S’interroger sur les opérations en cours et sur les équipements mis  à la disposition des forces, c’est avant tout veiller à ce que les bonnes décisions militaires et budgétaires soient prises pour assurer l’accomplissement de missions périlleuses. Pourquoi se battent-ils ? Comment et avec quoi le font-ils ? Que faut-il amplifier ou changer dans les choix budgétaires ?

Pour toute réponse, le silence. Le ministère préfère le silence à l’explication, à la pédagogie. Dans les prochaines semaines, le Parlement va voter le budget 2017 de la défense. Mal informé, il ne sera pas en mesure de faire les bons choix et surtout de les défendre devant une opinion publique légitimement interrogative.

Le silence assourdissant du Ministère de la défense ne peut que susciter de l’inquiétude et du doute. Ni l’inquiétude, ni le doute ne contribuent à instaurer un lien fort de confiance. Or, de la confiance il en faut quand on met la vie de soldats en jeu.