Tous les six mois, on annonce le retour de la confiance sur le marché immobilier, et la moitié du temps, le mouvement ne tient pas. Le premier trimestre 2026 marque-t-il un vrai tournant, ou juste un ressaut technique ? Pour répondre, il faut regarder trois indicateurs ensemble : volumes, délais, et écart entre prix demandés et prix signés.
Volumes : un rebond modéré mais réel
Les notaires font état d’une hausse des volumes de transactions de 8 à 12 % au T1 2026 par rapport au T1 2025, après deux années de contraction. Ce n’est pas un retour à la normale (on reste 20 à 25 % en dessous des volumes 2021), mais c’est un signal clair que les acheteurs reviennent. La baisse des taux et la stabilisation des prix expliquent l’essentiel du mouvement, plus que de réelles augmentations de salaires.
Délais de vente : retour à la normale
Le délai moyen de vente, qui avait grimpé à 100-110 jours en 2024, redescend autour de 75-85 jours selon les zones. C’est l’un des meilleurs indicateurs de fluidité du marché. Sur les grandes métropoles, on retrouve des délais de 50-65 jours sur les biens bien positionnés en prix. Sur les villes moyennes et le rural, les délais restent plus longs (souvent 90-120 jours), mais les volumes sont en hausse.
Écart prix demandé / prix signé
C’est l’indicateur le plus parlant. En 2024, on observait des décotes moyennes de 7 à 10 % entre la première mise en ligne et la signature. Au T1 2026, l’écart se resserre à 3-5 %, ce qui signifie que les vendeurs ont mieux calibré leurs prix d’entrée et que les acheteurs ne disposent plus du même rapport de force. Sur certains secteurs tendus, l’écart est même proche de zéro, voire négatif sur des biens recherchés.
Le cas montpelliérain
Sur Montpellier, l’analyse du T1 2026 montre une vraie reprise après deux ans de stagnation. Les volumes sont en hausse, les prix se stabilisent autour de 3 800 à 4 200 €/m² selon les quartiers, et la tension est forte sur les biens à classe énergétique B-C bien situés. Pour lire l’analyse en détail des chiffres et des secteurs, l’agence locale Alpaca publie un point trimestriel.
Ce qu’il faut suivre dans les six prochains mois
Trois éléments seront décisifs. La trajectoire des taux directeurs de la BCE, qui conditionnera la marge de manœuvre des banques sur les barèmes. L’évolution des stocks à la vente, qui sont historiquement bas et ne se reconstituent pas vite. Et la pression locative, qui pousse de plus en plus de locataires vers l’achat dès que le calcul redevient favorable. Si ces trois facteurs convergent, le mouvement de reprise pourra s’installer durablement.
En résumé
Parler de reprise n’est plus prématuré, mais il faut éviter le récit binaire « le marché est reparti » / « le marché est mort ». La vérité est plus nuancée : c’est un marché qui fonctionne à nouveau pour les acheteurs préparés et les vendeurs lucides. Pour les autres, c’est encore long.











