L’association Femmes-relais du 20° (FR 20e ) s’adresse depuis les années 1990 aux personnes étrangères ou issues des immigrations : il s’agit de pallier les difficultés de communication (à l’oral et/ou à l’écrit) rencontrées dans la vie quotidienne et notamment dans les démarches administratives. Le public touché est essentiellement domicilié dans le 20e arrondissement de Paris.

Cette fonction exige un bi-culturalisme des femmes qui se font relais, médiatrices de terrain. Ces femmes ont une compétence dans la culture du pays d’origine de la personne consultante et dans celle du pays d’accueil, la France. La médiatrice ne remplace pas l’assistante sociale : elle traduit un besoin en demande exprimée en français et accompagne, physiquement – s’il le faut – , la personne demandeuse jusqu’à ce que la démarche soit menée à son terme.

L’activité de Femmes Relais 20° se décline suivant 2 axes complémentaires : la médiation sociale et culturelle (MSC) ; l’acquisition de la langue française. (ASL).

L’activité de médiation sociale et culturelle (dite aussi interculturelle) est assurée essentiellement par des femmes-relais médiatrices salariées. Celles-ci assurent ou facilitent la communication sociale entre des personnes peu francophones ( ou fonctionnellement illettrées en français ) et les rouages des administrations (documents écrits et/ou échanges verbaux).

Ainsi, les prestations de ces « femmes-relais » peuvent se dérouler dans le cadre de n’importe quel « espace social » : Mairie / Ecole ou collège / centre de santé (hôpital, PMI / Préfecture / Caisse de retraite / Pôle Emploi.

l’acquisition de la langue française. (ASL) :

Le projet parler/lire/écrire au quotidien

Femmes Relais° a mis en place un volet d’apprentissage linguistique destiné à un public multiculturel. Il s’agit d’aller au delà de la démarche d’urgence pour mener une action visant l’autonomisation des personnes en matière de communication. Cette action touche annuellement une centaine d’apprenants au cours de sessions s’étalant sur l’année scolaire. Elle comprend 2 séances/semaine, par petits groupes (mixtes, pluri-culturels) positionnés en fonction de la similarité de leurs besoins langagiers et de leurs disponibilités (matin/AM/soir). Des intervenant(e)s bénévoles accueillent 8 à 10 groupes dans des locaux de FR 20° et de partenaires ( comme Chaise ou FASTI). Les apprenants peuvent suivre jusqu’à 3 sessions successives.Certains sont présentés avec succès aux examens comme le DILF et le DELF.

L’organisation de cette action, son suivi pédagogique et son évaluation sont assurés par une responsable pédagogique, personne salariée à 1/2 temps (sur emploi non aidé).

Femmes-relais est bien connue dans le 20e ; tant du public par le bouche à oreille que des institutionnels. Chaque année , plus de 1000 personnes distinctes font appel à l’association. Ce public ( composé surtout de femmes ) induit près de 3000 interventions par an, certains cas donnant lieu à des actions multiples, donc à des « suivis ». ; actuellement les capacités d’intervention de l’association ne lui permettent pas de répondre à toutes les demandes exprimées.

  • Les moyens dont dispose l’association . Concernant le personnel :
    5 postes de femmes-relais médiatrices ( CDI sur dispositif aidé Adultes Relais ).
    1 poste de médiatrice (en Chinois) : en CDD sur dispositif aidé Contrat unique d’insertion (CUI , venu à terme en 2011)
    1 poste en CDD, Responsable pédagogique à 1/2 temps, poste non aidé.
    Personnel bénévole : de 22 à 25 personnes
  • Les locaux sont loués à un bailleur social pour 6000 € par an en 2011 (en hausse constante …)
  • Les moyens financiers : (en 2010)
    Subventions :de la Ville de Paris, de l’état (Mission Ville)
    Apports sur emplois aidés : Ville, région, état.

. L’évolution récente depuis 2008 Après des suppressions de subventions en 2009, ces restrictions se sont confirmées, et même amplifiées en 2010 . Avec la prise en compte du risque de licenciement sur les postes Adultes Relais (A-R), l’association accuse un déficit de 15000€ provisoirement comblé par ses réserves financières

En prenant comme point de référence l’année 2008, l’association constate : 1) Une diminution quantitative importante des moyens attribués : ceux-ci se sont restreints en 2009 et en 2010. L’origine de cette diminution se trouve surtout du côté de l’Etat, les contributions de la Ville de Paris ayant été reconduites (en valeur absolue, sans correctif pour l’inflation). De plus, un poste A-R (en Chinois) a été supprimé et une restriction de durée a été imposée sur le poste A-R de la médiatrice coordinatrice !

2) Des délais de mise en œuvre nouvellement très allongés, qu’il s’agisse de la date de perception des subventions (n’arrivant qu’à terme quasiment échu, en fin d’exercice) ou des latences pouvant atteindre 6 mois pour l’instruction des dossiers de reconduction des conventions d’emplois A-R.

Les dégâts induits sont évidents en terme de trésorerie. Les incertitudes engendrées par ces délais, retardent des décisions d’embauche et impactent les résultats de l’apprentissage socio-linguistique.

3) Une montée de l’incertitude au sein du CA et des salariés, crée un climat défavorable à une activité sereine et efficace. L’ incertitude et l’imprévisibilité des moyens donc des activités génèrent du découragement qui ont même causé des démissions de responsabilités

L’association réagit à l’évolution récente de pénurie de moyens institutionnels

1) Avant même que la pénurie de moyens ne s’inscrive aussi visiblement dans les faits FR 20° a :
– alerté les services publics et le élus (Députés, Maire et adjoints du 20°)
– participé régulièrement au groupe de travail « Associations en danger » réunis à la LDH ;
– suivi les réunions susceptibles d’éclairer ces bouleversements

2) En 2011, l’association tente de trouver des solutions institutionnelles aux problèmes. majeurs touchant aux 2 postes menacés .

Elle suit avec intérêt une démarche collective d’interpellation des candidats à la présidentielle de 2012 .

Elle a fait appel au Dispositif Local d’Accompagnement pour pérenniser son action .

Elle recherche d’autres sources de financement :

–  réponse à appel à projet de l’Agence Régionale de Santé (ARS) pour l’accompagnement de femmes enceintes, migrantes à risque psycho-social.

– recours à une fondation dans une perspective de lutte contre l’illettrisme des migrants.
– appel au Fonds Social européen (FSE ) mais en 2011, le dispositif est en panne…

L’association considère qu’elle a besoin d’une visibilité à 3 ans pour retrouver sa pleine efficacité.