La Boîte à Mots de l’Unité Educative est une action éducative de prévention en milieu ouvert en direction d’enfants et préadolescents a pour mission de rechercher en permanence des réponses adaptées aux difficultés d’intégration scolaire, d’ordre social et culturel exprimées par des enfants scolarisés dans des écoles du Nord. C’est une action de prévention spécifique dans l’institution Sauvegarde du NORD (ADNSEA) dont la particularité est de mobiliser la société civile

Description de l’action auprès des enfants

C’est une manière « autre » d’établir des relations entre des enfants et des adultes bénévoles grâce à la réhabilitation de l’art épistolaire :

  • Des ateliers d’écriture. Des enfants écrivent le courrier de leurs vies… leurs rêves et peurs… le monde qui les entoure… Ils sont curieux, inquiets ou révoltés.
  • Des adultes bénévoles leur répondent par écrit en cherchant à les éclairer et à partager leurs émotions. Accueillie dans des écoles, des centres sociaux, des collèges, l’hôpital, sur des terrains de tziganes …, la Boîte à Mots est un dispositif de prévention qui cherche à lutter contre le mal vivre des enfants.

La Boîte à Mots est une boîte aux lettres, mais un peu différente des boîtes aux lettres habituelles. Elle est l’intermédiaire confidentiel d’une discussion intime entre des enfants, et des adultes. Des enfants écrivent, comme ils entendent, ce peuvent être des questions, une histoire, ou simplement quelques mots. Ils sont accompagnés en cela par des facteurs-écrivains public d’enfants. Cette initiative se déroule en relation étroite avec les parents ou les professionnels du monde éducatif. Les enfants déposent leurs lettres dans la Boîte, et elles parviennent au groupe des répondants : des adultes qui ont choisi d’être des lecteurs attentionnés pour ces écritures d’enfants, et d’y répondre avec le meilleur d’eux-mêmes, en respectant un certain nombre de règles déontologiques.

La Boîte à Mots représente un espace de liberté d’expression « grandeur nature » pour des enfants en questionnements et n’ayant pas ou peu d’espaces pour oser entrer en relation avec le monde extérieur. Par l’échange de lettres (de mots) personnalisées et réfléchies pour chaque situation personnelle se concrétise un nouveau champ d’expression culturelle favorisant une interaction adulte – enfant et une autre expérience socialisante .

Domaine d’intervention

Mots clés : Enfance, Prévention globale, Education spécialisée, Lutte contre illettrisme, violences, échec scolaire…Apprentissages : de la relation à l’autre et au monde, de la résolution de problèmes….

Rappel de l’enjeu qui présidait à la création de la Boîte à Mots :

Prévenir l’exclusion d’enfants et en particulier une de ses formes : la violence. En donnant aux enfants la compétence verbale qui leur permettrait d’exprimer leurs émotions, leur ressentis, leurs pensées avant qu’ils ne s’éparpillent en crachat, en insultes ou en coups.

Il faut des équipes pédagogiques motivées composées d’enseignants et d’éducateurs ayant choisi d’approcher ces enfants « en danger, dangereux », pour qu’enfin ces enfants qui n’ont connu que l’arbitraire et l’échec retrouvent de la cohérence et de la justice en même temps que de l’estime de soi.

La Boîte à Mots c’est une manière « autre » d’établir des relations entre des enfants et des adultes grâce à la réhabilitation de l’art épistolaire.

Durée de l’action

Le projet prend place sur l’année scolaire :

  • Chaque mois un atelier d’écriture par lieu d’intervention, et deux semaines plus tard un atelier de lecture, puis deux semaines plus tard à nouveau un atelier d’écriture, etc…
  • Chaque mois des réunions de validation pour chaque groupe de répondants
  • Chaque mois des ateliers d’initiation à la démarche et méthode pour tous les nouveaux répondants

La Boîte à Mots en cinq chiffres

  • Nombre d’enfants écrivant une lettre chaque mois ou à chaque passage: 200
  • Nombre de répondants aux lettres des enfants,: entre 70 et 80
  • Nombre de lieux différents (écoles, maisons de quartier ou centre social, collège, terrains de gens voyageurs ou tziganes) de boites à mots :11 dans la métropole, 1 en région parisienne et bientôt 2 à valenciennes
  • Nombre de lettres d’enfants écrites depuis la création de la Boîte à Mots (8 ans) : 8000 (à confirmer)

Derniers chiffres : cette année une trentaine d’ateliers d’écriture et de lecture animés par les 8 écrivains publics d’enfants

La Boîte à Mots a la chance d’avoir choisi des références-valeurs .

POEME de Janucz Korczak. Quand je deviendrai petit 1924

Vous dites :

c’est fatiguant de fréquenter les enfants.

Vous avez raison

Vous ajoutez :

parce qu’il faut se mettre à leur niveau, se baisser, s’incliner, se courber, se faire petit.

Là, vous avez tort.

Ce n’est pas cela qui fatigue le plus. C’est plutôt le fait d’être obligé de s’élever jusqu’à la hauteur de leurs sentiments. De s’étirer , de s’allonger, de se hisser sur la pointe des pieds pour ne pas les blesser »

La Boîte à Mots se réfère à la Loi, à la Convention Internationale des Droits de L’Enfant du 20 novembre 1989.

La Boîte à Mots s’articule autour de l’apprentissage très concret du droit d’expression et ce en référence à l’article 13 de la Convention Internationale des Droits de l’enfant. Ainsi il conduit les enfants par une démarche socialisante à se préparer progressivement à l’exercice des libertés tant civiles que politiques.

La parole de l’enfant dans la Cité. Le droit à l’expression de l’enfant dans les procédures le concernant constitue l’une des stipulations les plus emblématiques de la Convention. La convention de New York va loin dans la reconnaissance de l’expression de l’enfant puisque y est affirmé, à l’article 13 :  « un droit à la liberté d’expression qui comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen du choix de l’enfant. »

« …Liberté encadrée par les règles de droit commun, ce droit à l’expression, qui est aussi un droit au débat, constitue un véritable apprentissage de la démocratie ».