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Analyse d’un journal télévisé, 20 mai 2008

 

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TF1 - journal de 20h, 20 mai 2008

24 sujets traités en 37 minutes. Où est l’analyse ?

On passe d’un registre à l’autre, sans lien ni transition apparente (sauf pour les premiers sujets) avec un rythme très soutenu. Ce rythme à pour but de captiver, ce doit être une arme anti-zapping. Il vise à construire l’Audimat. Il faut du spectacle et du rythme pour retenir l’auditeur, pour le mener jusqu’à la publicité, qui est l’essentiel (cf. la déclaration de Patrick Le Lay [1]).

Il n’y a pas d’analyse apparente, on présente des faits et des images. Toutes les informations sont mises sur le même plan. Il en résulte parfois des rapprochements surprenants ou choquants. Par exemple quand le reportage sur la SPA fait suite aux images d’émeutes en Afrique du Sud.

Des thèmes sous-jacents

A travers le désordre apparent, il y a quand même un ordre. D’abord les sujets qui touchent tout le monde : le porte-monnaie, les grèves, puis les conflits sociaux. Ensuite la politique et on finit par l’étranger, la culture.

Mais quoi de plus objectif en apparence que cette succession d’images et de faits ? C’est le choix des faits et des images, c’est leur ordonnancement qui constitue une présentation orientée de l’information. C’est aussi ce qui n’est pas dit ou ce qui n’est pas montré qui constitue les véritables choix de la ligne éditoriale.

On s’adresse à l’émotionnel

Le rythme, le flux d’images et les mouvements de phrases produisent une sidération. On ne peut pas penser. L’effet sur la personne lambda est essentiellement émotionnel. On s’adresse au cerveau limbique ou reptilien, pas à la raison. Les individus sont face à des phénomènes chaotiques, globaux, que personne ne maîtrise. Ils s’expriment sur le mode de la violence, de la douleur, de la révolte de l’indignation. Il y a aussi des escrocs et les méchants (les marchands de sommeil). Avec le sous-entendu « Heureusement c’est pire ailleurs » avec de très courtes séquences montrant des situations étrangères.

Une école de fatalisme qui désapprend à agir

Ce spectacle produit de l’impuissance ou de la révolte, mais pas de marge d’action. Face à des phénomènes globaux, présentés comme inévitables : (« 575 emplois doivent disparaître »), l’individu ne peut rien faire. Une telle télévision est une école de fatalisme La vie du monde, les mouvements sociaux, l’information sont présentés sur le mode de la météo. Les actions de résistance ou la lutte pour un monde plus vivable sont présentées sous l’angle de la gêne des usagers (les grèves de jeudi prochain) ou du désordre gratuit (les affrontements à propos des OGM).

Cependant, il y a parfois des débuts d’explication. Mais celles-ci sont tellement rapides, tellement simplifiées et souvent tronquées qu’elles deviennent incompréhensibles par le raisonnement. Elles deviennent des vérités révélées, révélées par des experts, espèce souvent sollicitée et soigneusement sélectionnée.

Quelle perception du monde pour « les prisonniers de l’information dominante » ?

Le journal télévisé est le seul mode de perception du monde qu’ont beaucoup de personnes, avec une absence de diversité et de relecture, de prise de recul, de contradictions, d’interprétations, d’échanges, de reformulation et de discussion. Certaines sont sous contraintes (prisonniers, malades, personnes âgées dépendantes) mais beaucoup choisissent de ne regarder qu’une seule source d’information par habitude, par manque d’ouverture ou par conditionnement. Comme l’avaient dit les participants au rendez vous organisé en 2006 avec des anciens détenus par l’association Repousser les murs, à Loos (Nord), « nous sommes tous dans cette situation d’enfermement créé par les médias ». Et ils se posaient la question « comment être libres malgré les barreaux ? ».

Qu’est-ce qu’on pourrait attendre d’un journal télévisé ?

Le groupe s’est ensuite interrogé pour savoir : « Que pourrait-on attendre d’un autre journal télévisé ? ». Voici une série de propositions qui ne sont pas toutes réalisables à court terme :

Changer le coeur du système médiatique

1 - L’interdiction de la possession des médias par les grands groupes privés.

2 - la mise en place d’instances de régulation indépendantes, doté d’un pouvoir de décision et de coercition, afin de faire respecter une déontologie.

3 – intégrer la réorganisation des médias dans un projet éducatif global à différents niveaux, pour la nation, la région, le territoire.

4 - Le retour à une information vérifiée, recoupée, qui ne transige pas avec les faits.

Une information émancipatrice

Promouvoir une information qui permette à chacun de former son jugement et qui n’aurait plus pour objet d’inculquer une vision unilatérale du monde. Cela suppose

5- Une pondération différente des informations, qui doit porter sur l’ordre de présentation, le temps consacré à chacune, le choix des mots et le choix des images.

6- La promotion des actions collectives, en référence à une perception du futur et aux responsabilités collectives de la société par rapport à chacun de ses membres et à l’humanité.

7- parler du positif, parler de sujets qui encouragent l’individu à faire des choses par lui-même : actions locales, relations avec le voisinage, afin de réhabiliter l’initiative individuelle et collective. Donner de l’espoir,

8- Montrer les perspectives que peuvent ouvrir des actions porteuses de sens, que l’action collective peut faire bouger les choses avec des exemples et des histoires, avec des images.

9 - Revaloriser la vie quotidienne, qui est aussi faite de fraternité au quotidien, de solidarité et de désintéressement.

10 - Faire moins, aller plus lentement : passer par exemple de 25 à 10 sujets, plus approfondis.

Lire la suite : Analyse des tunnels de publicité autour du journal de 20 heures

Notes

[1"Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective business, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1 c’est d’aider Coca-Cola à vendre son produit. Or, pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont vocation de le rendre disponible. C’est-à-dire de divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du cerveau humain disponible" Patrick Le Lay, Les dirigeants français face au changement, Baromètre 2004, publié aux éditions du Huitième jour. Juin 2004

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